Des excuses et une université

Publié par le février 26, 2016 dans À la une, Actualités, Uncategorized | Aucun commentaire

 

En début de semaine, Kathleen Wynne, la première ministre de l’Ontario, a présenté des excuses au nom de son gouvernement pour la mise en place, au début du XXème siècle, du règlement 17 qui interdisait l’enseignement du français dans la province. Notre présidente, Marlène Thélusma Rémy y était. Je lui cède donc la parole.
Gilles
Marchildon

Des excuses et une université

 

Enseigner, pour moi, c’est bien plus qu’un métier. Enseigner, c’est un mode de vie. Une source de vie, même. Enseigner, c’est ce que je suis.
J’enseigne en français, à Toronto, depuis plus de 10 ans. Et j’aime ça. J’aime découvrir de nouveaux étudiants, les accompagner vers leurs accomplissements, accoucher leurs esprits, les forger, en faire des citoyens complets. J’aime apprendre d’eux tous les jours.
J’aime le faire en français. Il y a des choses qui ne se disent qu’en français. Penser qu’un jour, mes collègues n’avaient pas ce droit, que le gouvernement canadien interdisait aux Canadiens-français d’enseigner en français, me touche. Que le gouvernement ait considéré les francophones comme rien d’autre qu’une minorité à éteindre, à assimiler au plus vite me remplit d’épouvante.

Et dans le même temps, que des gens se soient élevés contre ces injustices force mon admiration. Je pense à ces femmes, incroyablement courageuses, qui auraient défendu leurs écoles à coup d’aiguilles à chapeau. Que ce soit un fait avéré ou une légende importe peu. C’est de cet esprit que je m’inspire.

Et je salue avec l’importance qu’il mérite, le geste historique posé par la première ministre, la reconnaissance de l’immense injustice qu’a subie l’un des peuples fondateurs du Canada. Prenons ces excuses pour ce qu’elles sont. Une condamnation des actions du passé. Mais moi, c’est surtout le futur qui m’importe.
Ces excuses sont tombées à peine quelques jours après que les francophones se sont réunis devant Queens Park pour réclamer une université francophone, gérée par les francophones, à Toronto. C’est peut-être un hasard. Quoi qu’il en soit, et d’un point de vue de santé publique, il est indéniable qu’une université permettrait de former des professionnels de santé compétents.

En bref, les excuses, c’est bien, c’est beau, c’est touchant, c’est un geste historique. Mais ça ne soigne personne. Les médecins et les infirmières formés en Ontario en français, oui.

 

 

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