Journée mondiale de la tolérance

Publié par le novembre 16, 2015 dans Uncategorized | Aucun commentaire

Allons au-delà de la tolérance

Journée mondiale de la tolérance

 

 

J’ai écrit ce texte la veille des attentats qui ont marqué la capitale française. Notre communauté francophone de Toronto compte de nombreux ressortissants français. Nous pensons à eux, et à leurs familles. Ce n’est pas en tant que francophones que nous partageons leur douleur, mais en tant qu’êtres humains. Au même titre que nous souffrons pour nos amis libanais, endeuillés à Beyrouth. Plus que jamais, nous avons besoin d’aller au-delà de la tolérance. Nous avons besoin d’amour.

  1. Marchildon

 

 

 

 

Allond au-delà de la tolérance

 

Le 16 novembre, Journée mondiale de la tolérance, permet à la communauté internationale de célébrer la Journée internationale de la tolérance avec des activités qui s’adressent à la fois aux établissements d’enseignement et au grand public.

 

La tolérance nous apparaît comme un ingrédient nécessaire pour bien vivre dans une société très diversifiée. Pourtant, je dois avouer que j’ai des réserves quant à cette notion. Tolérer suffit-il ? Tolérer son prochain, ce n’est pas nécessairement l’accepter, et c’est là que le bât blesse.

 

Je reconnais que la tolérance est la première étape vers l’acceptation des différences. Mais ne pouvons-nous pas aller au-delà? J’aimerais que nous nous apprivoisions, à la manière du Petit-Prince et du renard dans l’œuvre bien connue d’Antoine de Saint-Exupéry, que notre ouverture aille jusqu’à la connaissance de l’autre.

 

Vous seriez en droit de vous demander quel est le rapport avec la santé. Sachez cependant que le bien-être est un déterminant majeur de la santé, en particulier de la santé mentale. Et qu’un milieu intolérant est toxique pour vous, votre santé, et votre entourage. Lutter contre l’intolérance et donc, d’améliorer les conditions qui influencent la santé, nous pouvons tous le faire.

 

Au-delà de ces considérations, je dirais que la santé est le lieu, par excellence, de la mise à l’écart des jugements de valeurs portés sur des comportements. La tolérance et l’empathie sont au cœur du principe du service de santé. Fournir un service de santé, c’est mettre sa morale personnelle de côté. Peu importe la manière dont vous êtes tombé malade, celui qui vous soigne n’a pas à vous juger.

 

Bien sûr, il ne s’agit pas de tolérer l’intolérable : une telle approche trouve très vite ses limites dans les cas d’interventions en matière de violence ou de mutilations sexuelles, par exemple. Mais la pratique de la santé publique nécessite une dose saine de distance. En d’autres mots, de tolérance. Et c’est aussi ce que nous nous efforçons de faire, à Reflet Salvéo. Notre équipe a de multiples origines. Nos croyances, nos orientations sexuelles et nos opinions divergent. Et nous considérons que cela nous enrichis, et que nous vous servons mieux ainsi.

 

D’un point de vue plus pragmatique, si la tolérance du fait français est plus ou moins acquise en Ontario, pour que nous ayons des services adaptés, il faut aller au-delà. Le système de santé doit embrasser notre différence. Il faut qu’il soit fier et heureux de nous servir. Non pas uniquement parce que la loi l’y oblige, mais surtout parce que la spécificité francophone est bonne pour l’ensemble des ontariens. En matière de francophonie, la tolérance ne suffit pas. Allons au-delà.

 

Gilles Marchildon

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