L’aide médicale à mourir, il faut en parler.

Publié par le janvier 13, 2016 dans actualités, Articles à ne pas manquer, blogue de Gilles | 1 commentaire

L’aide médicale à mourir, il faut en parler.

L’aide médicale à mourir, parlons en.

Pour vous parler d’un sujet d’actualité particulièrement sensible, j’ai décidé d’inviter Josée Roy, qui travaille depuis décembre dernier comme agente de planification à Reflet Salvéo. Josée a une longue expérience avec les personnes en fin de vie, et apporte un point de vue particulièrement pertinent sur un sujet complexe.
Je lui cède donc la parole.

Gilles Marchildon – Directeur général de Reflet Salvéo

 

 

L’aide médicale à mourir, parlons-en.

 

L’aide médicale à mourir est un sujet complexe, émotionnellement chargé, éminemment personnel, qui fait appel à une réflexion approfondie qui mêlerait les domaines médicaux, juridiques, éthiques, philosophiques, voire spirituels et éventuellement religieux. Le sujet de ce texte n’est pas de mener cette réflexion, mais de vous exposer les bases de cet épineux problème.
En ce moment, le gouvernement de l’Ontario propose un sondage en ligne afin de faire valoir votre opinion dans le cadre du développement d’un nouveau projet de loi concernant l’aide médicale à mourir.

Qu’est-ce que l’aide médicale à mourir?

Dans la décision de la Cour Suprême, l’aide médicale à mourir est ainsi définie : il s’agit de l’aide apportée à une personne adulte qui consent clairement à mettre fin à sa vie, qui est affectée de problèmes de santé graves et irrémédiables (affection, maladie ou handicap) causant des souffrances persistantes qui lui sont intolérables au regard de sa condition.

Il y a maintenant plus de vingt ans, en 1993, Sue Rodriguez, atteinte de sclérose latérale amyotrophique, avait demandé en justice la possibilité de recevoir l’aide médicale à mourir lorsque ses souffrances seraient devenues insupportables. Sa requête devant la Cour Suprême du Canada avait été rejetée, après un débat sociétal et juridique particulièrement vif. Plus récemment, l’affaire Carters[i] a soulevé le même type de problématique : une personne prise de souffrances intolérables peut-elle légalement recevoir l’aide médicale à mourir ? Cette nouvelle requête a mené à une nouvelle décision, en février 2015, de la Cour suprême. Celle de « radier les interdictions » en vertu du Code criminel visant l’aide médicale à mourir. En clair, cela signifie que les deux articles du code criminel (l’article 241b et l’article 14) ne seront plus valides à compter de février 2016, décriminalisant ainsi l’assistance à mourir.

Est-ce que cela veut dire que l’aide à mourir sera légale au Canada?

Bien que le Québec ait récemment rendu officiel la loi 52 sur les soins de fin de vie[ii], les autres provinces, dont l’Ontario, ont reçu une période d’un an pour développer une nouvelle législation respectant les paramètres décrits dans la décision de la Cour Suprême du Canada. Concrètement, cela veut dire que la province de l’Ontario travaille présentement à établir les détails de ce nouveau projet de loi afin d’encadrer cette aide médicale à mourir dans notre système de soins de santé et de définir sa mise en œuvre.

Pour répondre à cette complexité, le gouvernement a mis sur pied un groupe consultatif provincial territorial d’experts, chargé de se pencher sur la question. Ce dernier vient de publier son rapport final.[iii]

 

Le sujet de l’aide médicale à mourir interpelle beaucoup plus de gens que nous ne pourrions le croire. Peu, parmi nous, ont des opinions tranchées et définitives, que nous ayons vécu ou non des situations tragiques. Pour ma part, mes lectures et réflexions me laissent encore perplexes. Malgré une somme impressionnante d’articles consultés, mon opinion n’est pas encore arrêtée. J’essaie de me mettre à la place d’une personne qui fait la requête, ou encore de me mettre à la place des proches de cette personne. Malgré cela, je n’arrive pas à décider si je suis pour ou contre. Je me situe dans cette zone de nuances, de questionnement.

Si vous êtes comme moi, et que le sujet fait naître en vous toutes sortes d’interrogations, je vous invite à vous renseigner davantage sur l’aide médicale à mourir en lisant le rapport du groupe consultatif. Ce rapport vous apprendra quelles recommandations ont été émises afin d’encadrer une mise en œuvre sécuritaire de l’aide médicale à mourir, des enjeux clés, dont les mesures à prendre pour protéger les personnes vulnérables, ainsi que le rôle des fournisseurs de soins de santé pour prodiguer l’aide médicale à mourir.

Je vous invite également à répondre au sondage au lien suivant :
https://www.ontario.ca/fr/page/aide-medicale-mourir-et-decisions-de-fin-de-vie-consultation.

En plus de faire valoir votre opinion, il vous permettra d’entamer une réflexion personnelle sur l’aide médicale à mourir et de favoriser la recherche d’informations supplémentaires et, si vous en ressentez le besoin, d’entamer une discussion avec vos parents, vos proches ou vos amis.

Plus que jamais, il faut en parler.

Josée Roy, agente de planification.

 

 

 

 

 

[i] https://scc-csc.lexum.com/scc-csc/scc-csc/fr/item/14637/index.do

[ii] http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-52-40-1.html

[iii] http://www.health.gov.on.ca/fr/news/bulletin/2015/docs/eagreport_20151214_fr.pdf

Un commentaire

  1. M. Naud estime que tant des athees que des croyants y ont recours. « Des croyants tres pratiquants ont demande a recourir a l’aide medicale a mourir. Ou des gens qui desirent rencontrer l’aumonier la journee meme ou la journee precedente ».

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *